« France is more and more keen. » Quatre mots de Madeleine King, ministre australienne des Ressources, rapportés ce matin par Reuters depuis le sommet Minerals Week à Canberra. Quatre mots qui ne surprendront personne parmi ceux qui suivent le dossier de près.
Car la France n'en est pas à ses débuts. Madeleine King et Agnès Pannier-Runacher ont signé un Dialogue Bilatéral sur les Minerais Critiques à Paris. Bpifrance Assurance Export est dans la boucle. En octobre 2024, Business France et l'OFREMI ont organisé un French Mining and Critical Minerals Tour passant par Sydney, Perth et le Pilbara, avec des rencontres chez BHP, Rio Tinto et Fortescue. Les fondations sont posées.
Ce qui change aujourd'hui, c'est le rythme.
Trois signaux en une semaine
Lundi, l'Union européenne et l'Australie ont signé un accord de libre-échange après huit ans de négociations. Les tarifs douaniers sur les minerais critiques australiens (lithium, manganèse, terres rares) sont supprimés. Ursula von der Leyen, devant le Parlement australien : « We cannot be over-dependent on any supplier for such crucial ingredients, and that is precisely why we need each other. »
L'Australie a rejoint l'Alliance de production de minerais critiques du G7. Et la réserve stratégique australienne de 1,2 milliard de dollars australiens, centrée sur l'antimoine, le gallium et les terres rares, sera opérationnelle d'ici la fin de l'année.
En face, les États-Unis ont déjà engagé 8,5 milliards de dollars dans des projets concrets via l'accord signé en octobre avec Canberra. Le Japon finance depuis des années. La France, elle, reste au stade des cadres de coopération. La volonté politique est là. Les financements à grande échelle, pas encore.
C'est précisément là que se joue la prochaine étape.
Perth, capitale des minerais critiques
Il faut comprendre une chose : le cœur de l'action n'est pas à Canberra. Il est à Perth.
Le Western Australia concentre les projets les plus avancés du pays. Lynas opère la mine de Mount Weld, le gisement de terres rares le plus riche au monde hors Chine, et vient d'installer une usine de cracking à Kalgoorlie. Iluka construit à Eneabba la première raffinerie intégrée de terres rares d'Australie, soutenue par un prêt gouvernemental de 1,65 milliard de dollars australiens. Hastings avance sur le projet Yangibana. Le Minerals Research Institute of Western Australia finance la recherche sur l'extraction des terres rares dans les argiles.
En mai, Perth accueille le Critical Minerals Australia Conference. En avril, le Battery Minerals Conference. L'écosystème est là : juniors cotées à l'ASX, sociétés de services miniers (les METS), instituts de recherche, agences gouvernementales comme Austrade et le NAIF.
Pour une entreprise française qui veut se positionner, c'est à Perth qu'il faut être. Pas dans un bureau parisien à lire des rapports.
Le chainon manquant
Le constat de Madeleine King est lucide : beaucoup de pays « ne sont tout simplement pas habitués au financement minier, mais ils vont devoir s'y mettre s'ils veulent sécuriser leur approvisionnement ». La Chine a mis quarante ans à bâtir sa domination sur les terres rares. L'Australie veut aller plus vite, mais reconnaît que ce sera un effort de plusieurs décennies.
Les entreprises françaises qui regardent l'Australie ont des compétences réelles : ingénierie, services, équipement, financement de projet. Ce qui leur manque souvent, c'est le lien avec le terrain : comprendre les codes australiens, identifier les bons interlocuteurs à Perth, savoir comment fonctionne une junior minière cotée à l'ASX, naviguer dans un environnement réglementaire exigeant et dans des zones parfois très reculées du WA ou du Northern Territory.
C'est ce lien que nous construisons chez Confluence Pacific. Basés à Perth, au cœur de l'écosystème minier australien, nous aidons les entreprises européennes à se connecter avec les acteurs locaux : introductions ciblées, accompagnement dans les conférences sectorielles, décryptage des opportunités, mise en relation avec les acteurs du terrain, qu'il s'agisse d'explorateurs, de développeurs de projets, de sociétés de services ou d'agences d'investissement.
Nous ne sommes pas un cabinet minier. Nous sommes le pont entre deux mondes qui ont besoin l'un de l'autre mais qui ne parlent pas toujours la même langue. (Et je ne parle pas que de français et d'anglais.)
La fenêtre est ouverte. En Australie, quand on dit « keen », c'est qu'on est prêt à y aller. Reste à savoir qui, côté français, fera le premier pas concret.