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Nicolas Forissier in Australia: France Takes Action

23 avril 2026 par
Nicolas Forissier in Australia: France Takes Action
Confluence Pacific

Un ministre français du commerce extérieur en Australie. Prenez un moment pour mesurer ce que ça représente.

Le dernier remontait à avant le contrat des sous-marins, avant AUKUS, avant les années de brouille qui ont failli enterrer définitivement la relation franco-australienne. Nicolas Forissier est arrivé à Perth le 19 avril pour une tournée de cinq jours. Sa première étape, c'était ici, en Western Australia. Pas Canberra, pas Sydney, mais Perth.

Il est, selon ses propres mots, le premier ministre européen à se déplacer en Australie depuis la signature de l'accord de libre-échange UE-Australie le 24 mars. Il a tenu à le souligner. Plusieurs fois. Ce n'est pas de la rhétorique protocolaire mais c'est un signal politique délibéré.

La France a longtemps été l'obstacle principal à cet accord. Les éleveurs, le ressentiment post-AUKUS, une certaine méfiance structurelle vis-à-vis d'un pays qui avait choisi Washington et Londres au détriment de Paris. Forissier est là pour tourner cette page, et il a choisi de le faire visiblement, physiquement, en parcourant le pays du nord au sud.

Force est de constater que le choix de commencer par Perth n'est pas anodin.

Ce qui s'est réellement passé en cinq jours


La tournée avait un agenda chargé. Ce n'était pas une visite de courtoisie.

Lors de son étape à Perth, Forissier a rencontré les acteurs économiques et politiques de la Western Australia, dont les membres du Parlement réunis au sein du groupe d'amitié France-Australie: Hon Lauren Cayoun MLC et Hon Phil Twiss MLC en tête. Une soirée avec la communauté française a clos cette première étape. L'ambassadeur Pierre-André Imbert était présent. (J'y reviendrai.)

À Adelaide, c'est une autre image qui restera : une rencontre avec le ministre fédéral du Commerce Don Farrell, organisée dans la Clare Valley, autour de vins et de fromages des deux pays. Symbolique ? Sans doute. Mais le communiqué qui en est sorti l'était beaucoup moins.

Les deux ministres ont acté plusieurs avancées concrètes. Export Finance Australia et Bpifrance Assurance Export ont ouvert des négociations formelles pour un mémorandum d'entente — ce qui ouvre la voie à des cofinancements de projets industriels entre les deux pays. InfraVia, soutenu par le gouvernement français, a annoncé un investissement dans le projet Core Lithium Finniss dans le Territoire du Nord. Et un dialogue franco-australien de niveau 1,5 sur la sécurité économique se tiendra à Paris en mai.

Ce ne sont plus des cadres de coopération. Ce sont des engagements industriels.

À Sydney, devant les journalistes, Forissier a posé les mots sur ce qui sous-tend tout le reste. Les démocraties doivent s'organiser pour ne pas devenir « otages » des minéraux critiques, a-t-il dit, dans un monde qu'il a qualifié sans détour de « violent et incertain ». La Chine domine les terres rares et a déjà menacé de restreindre ses exportations en réponse aux tensions commerciales avec Washington. La question n'est plus théorique. Elle est opérationnelle.


Perth au cœur du sujet


Il faut comprendre une chose : l'action ne se passe pas à Canberra. Elle se passe à Perth.

La Western Australia concentre les projets les plus avancés du pays. Lynas exploite la mine de Mount Weld, le gisement de terres rares le plus riche du monde hors de Chine, et vient d'installer une unité de traitement à Kalgoorlie. Iluka construit la première raffinerie intégrée de terres rares d'Australie à Eneabba, avec un prêt gouvernemental de 1,65 milliard de dollars australiens. Hastings avance sur le projet Yangibana. Le Minerals Research Institute of Western Australia finance la recherche sur l'extraction de terres rares à partir d'argiles.

En mai se tient à Perth la Critical Minerals Australia Conference. C'est ici que se trouvent les juniors cotées à l'ASX, les sociétés de services miniers (les METS), les instituts de recherche, les agences gouvernementales comme Austrade et le NAIF.

Pour une entreprise européenne qui cherche à se positionner, Perth est le point d'entrée obligatoire. Pas un bureau à Paris qui lit des rapports.


Une page se tourne, une autre s'ouvre


Il y a une dimension personnelle à cette visite que les dépêches n'ont pas vraiment retranscrite.

Pierre-André Imbert, l'ambassadeur de France qui a patiemment reconstruit la relation franco-australienne après le choc AUKUS de 2021, quitte son poste cette semaine. Il rejoint l'Élysée comme Secrétaire Général, la plus haute fonction de la haute fonction publique française, conseiller principal du Président de la République. Plusieurs figures politiques australiennes ont pris la parole lors de la soirée d'adieu pour lui rendre hommage, dont Zoe McKenzie MP, qui l'a remercié au nom du groupe parlementaire des Amis de la France pour son engagement personnel à faire avancer la ratification de l'accord de libre-échange.

C'est un départ qui marque. Imbert a incarné une certaine idée de la présence française en Australie : discrète, tenace, ancrée dans la durée. Son élévation à l'Élysée dit quelque chose de la qualité du travail accompli ici.

La visite de Forissier s'inscrit dans ce passage de relais. Elle dit : nous continuons, et nous accélérons.


Ce que ça change concrètement


Pour les entreprises françaises et européennes qui regardent l'Australie, cette semaine a validé plusieurs choses.

L'accord de libre-échange est réel, et la France a signalé son soutien à sa ratification; ce qui n'était pas garanti il y a encore six mois. Les tarifs sur les minéraux critiques australiens (lithium, manganèse, terres rares) tombent. Les mécanismes de financement bilatéraux se mettent en place. Les investissements franco-australiens sont désormais portés au niveau politique.

La fenêtre est ouverte. Mais une fenêtre, ça ne reste pas ouverte indéfiniment.

Les États-Unis ont déjà engagé 8,5 milliards de dollars en projets concrets via leur accord avec Canberra. Le Japon finance depuis des années. La France arrive avec un temps de retard rattrapable, mais à condition de passer des déclarations aux actes à brève échéance.

C'est le travail concret que nous faisons chez Confluence Pacific. Depuis Perth, nous aidons les entreprises européennes à construire une présence réelle en Western Australia : rencontres avec les bons interlocuteurs, présence aux événements qui comptent, lecture du terrain local. Les secteurs varient (énergie, mines, infrastructure, services, investissement) mais la logique reste la même. L'Australie ne se négocie pas à distance. Le ministre français du commerce extérieur, Nicolas Forissier, l'a compris en ouvrant sa tournée ici.


Poursuivons la conversation


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